quand


quand

quand [ kɑ̃ ] conj. et adv.
Xe; lat. quando
I Conj. [ kɑ̃t ] devant voyelle (Exprimant une relation temporelle de concordance, de simultanéité.)
1Dans le même temps que. lorsque (cf. Au moment où, que). Quand vous aurez fini vous pourrez partir. « Il arriva à Louis XIV mourant de dire : Quand j'étais roi » (Stendhal). « Elle attendait depuis trois quarts d'heure, quand, tout à coup, elle aperçut Rodolphe » (Flaubert). Exclam. (avec ellipse de la principale) « Quand je vous disais que rien ne pourrait l'empêcher d'achever sa partie » (A. Daudet), s.-ent. j'avais raison (cf. Je vous le disais bien). « Quand je pense qu'Hélène aura bientôt seize ans » (Duhamel), s.-ent. je suis étonné.
Fam. (introduisant une complétive) « J'aime aussi beaucoup quand il parle d'histoire naturelle » (A. Gide). « Elle m'a parlé de quand vous étiez petits » (Aymé).
2(Exprimant la concomitance, la corrélation répétée) Chaque fois que, toutes les fois que. « Quand on court après l'esprit, on attrape la sottise » (Montesquieu). Quand le chat n'est pas là les souris dansent. « Quand l'un disait oui, l'autre disait non » (Furetière).
3(Exprimant une opposition entre les deux propositions simultanées, ou introduisant une hypothèse) « Tu t'es subordonné, quand tu es fait pour ordonner » (Balzac),alors que tu es fait... « Un ancien intellectuel, quand il serait devenu maçon, [...] est toujours un aristo » ( Péguy),même s'il devient maçon... « Quand elle l'eût voulu, elle n'eût pas pu » (Stendhal),même si elle l'avait voulu. — QUAND (BIEN) MÊME... (et le condit.) :même si. « Quand même vous auriez arraché les canines du tigre » (Flaubert). Quand bien même il le nierait.
Absolt (déb. XIXe) Loc. adv. QUAND MÊME : cependant, pourtant. « Si je meurs, ce sera en t'adorant quand même » (Stendhal). Fam. Tout de même. « On travaillerait ensemble, ce serait quand même plus gai » (Duhamel). Exclam. Quand même ! Tu exagères.
4(Souvent écrit QUANT) Vx ou région. (en fonction de prép.) En même temps que, avec. Il est arrivé quand moi. « Mon père me menait quant et lui à la chasse » (Chateaubriand). (En fonction d'adv.) Quand et quand : en même temps.
II Adv. (d'interrog. sur le temps) (toujours [ kɑ̃ ] , sauf : Quand est-ce que [ kɑ̃tɛskə ] ) À quel moment... ? Dans quel temps... ? Quand est-il arrivé ? « Quand aurez-vous fini de conter votre histoire ? » (Hugo). Fam. Quand est-ce qu'on s'en va ? « Depuis quand payez-vous vos dettes ? » (Hugo). Jusqu'à quand ? C'est pour quand ? pour quel jour ? Alors, à quand le mariage ? Je ne sais ni où ni quand. N'importe quand. Quand tu veux. ⊗ HOM. Camp, khan, quant.

quand adverbe interrogatif (latin quando) Sert à questionner sur le moment d'une action, d'un événement : Quand viendrez-vous ? Quand est-ce qu'il est parti ? Peut être précédé d'une préposition (de, depuis, jusqu'à, pour), indiquant le point de départ ou la destination dans le temps : De quand date la découverte de l'Amérique ?quand (difficultés) adverbe interrogatif (latin quando) Orthographe Quand / quant. → quant à Construction 1. Dans l'interrogation directe, quand s'emploie seul ou précédé des prépositions à, de, depuis, jusqu'à, pour, avec inversion du sujet, ou avec la locution est-ce que sans inversion du sujet : quand viendras-tu ? quand est-ce que tu viendras ? depuis quand la connais-tu ? depuis quand est-ce que tu la connais ? Recommandation Dans l'expression soignée, préférer la tournure avec inversion du sujet, moins lourde. Remarque Quand précédé d'une préposition peut être remplacé par des équivalents tels que à quelle époque, depuis quel moment, pour quelle date, etc. : depuis quelle époque la connais-tu ? pour quelle date voulez-vous ce travail ? 2. Dans l'interrogation indirecte, quand s'emploie sans inversion du sujet et de préférence sans la locution est-ce que : je me demande quand vous viendrez (plutôt que : je me demande quand est-ce que vous viendrez). Emploi 1. Quand (+ indicatif) marque le temps : je lui parlerai quand je le verrai (= au moment où, lorsque). 2. Quand (+ conditionnel) marque l'opposition : tu te plains quand tu devrais être content (= alors que). Registre soutenu. 3. Quand, quand même, quand bien même (+ conditionnel) marque une éventualité considérée comme improbable : quand tu me supplierais à genoux, je refuserais ; quand (bien) même il me l'interdirait, je le ferais (= même si). Registre soutenu. 4. Quand même. Employé seul au sens de « malgré tout, malgré cela », quand même est aujourd'hui admis dans l'expression soignée : si tu refuses, j'irai quand même (= tout de même). Remarque Quand même n'était autrefois admis que comme conjonction introduisant une subordonnée exprimée (v. ci-dessus, Emploi, 3). 5. Quand / lorsque. → lorsque Registre L'emploi comme conjonction de quand précédé d'une préposition est familier : c'est une robe de quand j'étais petite ; ils achètent une maison pour quand ils seront vieux. - Dans l'expression soignée, tourner la phrase autrement : c'est une robe qui date de l'époque où j'étais petite ; ils achètent une maison pour l'habiter quand ils seront vieux ou pour leurs vieux jours. ● quand (homonymes) adverbe interrogatif (latin quando) camp nom masculin khan nom masculin qu'en pronomquand conjonction Exprime la simultanéité, la correspondance temporelle ; lorsque : Quand il se met en colère, il devient écarlate. Exprime l'opposition, parfois la cause ; puisque : Quand je vous le dis, vous pouvez me croire. Quand (même, bien même), exprime l'opposition, la concession ; même si : Quand bien même on me le donnerait, je n'en voudrais pas. Quand même, insiste et souligne en particulier une opposition ; malgré cela, cependant : On me l'a défendu, je le ferai quand même ; souligne une affirmation en langue familière ; tout de même : Il faut quand même être borné pour ne pas comprendre ça. Quand je vous dis (disais) que, souligne la confirmation donnée par les faits à ce qu'on avait dit : Quand je vous disais qu'il ne dirait rien. Quand je pense, quand on pense que, exprime la forte impression causée par une constatation, une réflexion : Quand on pense que ces ruines ont plus de deux mille ans !quand (synonymes) conjonction Exprime la simultanéité, la correspondance temporelle ; lorsque
Synonymes :
- du moment où
Exprime l'opposition, parfois la cause ; puisque
Synonymes :

quand
([kat] devant une voyelle.) conj. et adv.
rI./r conj.
d1./d (Exprime une relation de correspondance temporelle.) Lorsque, au moment où, toutes les fois que. Je partirai quand il viendra. Quand il criait, nous avions peur.
|| Fam. (Précédé d'une préposition.) Voici une banane pour quand tu auras faim.
d2./d (Suivi du conditionnel.) Indique une relation d'opposition entre deux propositions. Quand vous l'auriez voulu, vous ne l'auriez pas pu.
Loc. Quand bien même: même si. Quand bien même il le voudrait.
d3./d Loc. Quand même: malgré tout. Il l'a fait quand même.
|| (Interj. pour marquer l'indignation, l'admiration.) Fam. Tout de même. Quand même il exagère!
rII./r adv. interrog. (Concernant le temps.) Quand viendra-t-il?
Fam. Quand est-ce qu'il vient?
|| (En interrogation indirecte.) Je ne me souviens plus quand c'était.

⇒QUAND, adv. et conj.
I. — Adv. interr. interrogeant sur le moment (passé, présent ou à venir) ou la période (heure, jour, date, époque...) où se situe une action ou un état.
A. — [Dans l'interr. dir.] À quel moment? En quel temps?
1. [Avec invers. du suj. pronom.] Quand la jeune fille lui apparut-elle? (BARRÈS, Barbares, 1888, p. 87). Quand vous verrai-je? murmura-t-il, très bas (HUYSMANS, Là-bas, t. 2, 1891, p. 37). Quand revient-elle, ton Américaine? (BOURDET, Sexe faible, 1931, I, p. 257).
En partic. [Avec le prés., le fut. ou le fut. proche, dans une question marquant l'impatience, la colère...] Quand donc...; quand enfin allez-vous cesser de...? Il soupira au dedans de lui-même: — Quand tomberont les écailles des yeux du cardinal-archevêque, afin qu'il voie l'indignité de ce prêtre? (A. FRANCE, Orme, 1897, p. 14). V. donc II A 1 a ex. de Apollinaire.
[Dans une question rhét.] Quand donc fut-elle jamais plus florissante? (VILLIERS DE L'I.-A., Contes cruels, 1883, p. 85).
En empl. ell. Quand? Maintenant (MALRAUX, Cond. hum., 1933, p. 203).
Rem. 1. Fam., dans la lang. orale, en fin de phrase, sans invers. du suj.: La réception serait quand? (DRUON, Gdes fam., t. 2, 1948, p. 27). 2. Quand peut se rapporter au verbe de la complét. tout en figurant dans la princ.: Quand pensez-vous qu'il viendra? Quand voulez-vous que je vienne? (PEYRÉ, Matterhorn, 1939, p. 68). Il peut de même porter sur l'inf. et non sur le verbe conjugué: Quand pensez-vous venir?
[Suivi d'un inf. délibératif] V. comment ex. 7.
2. [Renforcé par est-ce que (sans invers. du suj.), surtout dans la lang. orale] V. est-ce que B 1 c.
Pop. ou région.
♦ (notamment Anjou, Normandie, Canada). Quand c'est que ...? [Les fainéants voyagent gratis]. Voir un roi, hein? Quand c'est qui paye sa place, quand, allez? (MUSETTE, Cagayous chauffeur, 1909, p. 8). Quand c'est que tu vas à la ville? (Canada 1930).
♦ (notamment Ouest et Canada). Quand que ...? Quand qu'i va venir? (Canada 1930).
3. [Précédé de prép. et renforcé ou non par est-ce que] À quand...? De quand...? Depuis quand...? (v. depuis I B 2 c). Jusqu'à quand...? (v. jusque(s) I A 2 c). Pour quand...? Jusqu'à quand va-t-il tenir tant de place? (COLETTE, Naiss. jour, 1928, p. 8).
En empl. ell. Boubouroche un peu étonné. Depuis quand? (COURTELINE, Boubouroche, 1893, I, 2, p. 26). À quand la réconciliation? (BEAUVOIR, Mandarins, 1954, p. 463).
B. — [Dans l'interr. indir.]
1. [Non précédé de prép.] C'est une lettre d'une dame russe que je ne connais pas, me demandant quand paraîtra le prochain volume de mon journal (GONCOURT, Journal, 1896, p. 958). Enfin, Monsieur, on se demande vraiment quand les gouvernements vont se décider à prendre l'attitude énergique (MALRAUX, Conquér., 1928, p. 11).
[Suivi d'un inf. délibératif] Conduit au combat, chaque soldat paraissait un chef, chaque chef un soldat; ils savaient quand avancer ou s'arrêter (CHATEAUBR., Paradis perdu, 1836, p. 23).
Loc. temp. indéf. Dieu sait quand. Je ne sais quand. V. espèces B ex.
2. [Précédé de prép.] Je ne puis dire exactement à quand remontent les premières manifestations de cet esprit d'insoumission (GIDE, Robert, 1930, p. 1322). Puis-je vous demander depuis quand vous le connaissez? (BILLY, Introïbo, 1939, p. 14).
Rem. Empl. subst. masc. V. comment III B ex. de Mérimée.
II. — Adv. rel. temp. [En fonction de rel. dans des tournures d'indétermination, notamment avec des verbes impers., et signifiant « au moment où », « chaque fois que », « à n'importe quel moment où » (fait isolé ou répété)] Quand il le faut; quand bon me semble; quand il vous plaira; quand vous voudrez; quand vous pourrez. Quoique je fusse également décidée à partir de là pour t'aller trouver quand et où tu voudrais (STAËL, Lettres div., 1794, p. 612). Perdre la vie est peu de chose et j'aurai ce courage quand il le faudra (CAMUS, Caligula, 1944, II, 2, p. 34).
Rem. V. comment I B 2 c rem.
III. — Conj. de sub. temp.
A. — [Valeurs temp.]
1. [Pour marquer la simultanéité avec le fait exprimé par le verbe de la princ.] Au moment où, dans le temps que. Synon. lorsque (lang. écrite).
a) [Le verbe de la sub. marque un intervalle clos (au passé simple, au fut., au prés. hist., à un temps comp. signifiant l'antériorité temp.) ou s'y réfère] Quand il entra dans la chambre conjugale, Mme Bombard n'y était pas (MAUPASS., Contes et nouv., t. 1, Bombard, 1884, p. 974). Quand j'ai vu mes méthodes confirmées par l'expérience, je n'ai eu qu'une hâte (ROMAINS, Knock, 1923, I, p. 5). Quand le docteur arrive enfin, la nuit tombe (GIDE, Feuillets d'automne, 1949, p. 1090).
Loc. adv., au fig., fam. [Signifiant « jamais, dans le futur »] Quand les poules auront des dents (v. dent C 4); quand il fera chaud (v. chaud II A 1 b). Loc. synon. aux calendes (grecques), à la saint-Glinglin (fam.), la semaine des quatre jeudis, trois semaines après jamais.
b) [Le verbe de la sub. marque, à un temps comp. ou surcomposé, une valeur d'accompli] Dieu a baisé ma main quand j'ai eu fini d'écrire ceci (MONTHERL., Encore inst. bonh., 1934, p. 690). Je vous le dirai quand je l'aurai vu (MAURIAC, Asmodée, 1938, I, 7, p. 51). Quand le juge et tous les acolytes se furent éloignés, ils se rapprochèrent prudemment (BOSCO, Mas Théot., 1945, p. 209).
c) [Le verbe de la sub., empl. à l'imp., marque la période passée où se situe l'action de la princ.] Quand j'étais enfant, j'étais extrêmement froussard (GIDE, Journal, 1924, p. 800).
Rem. Quand le verbe sub. marque un intervalle limité, il peut s'employer exceptionnellement à l'imp. pour signifier que cet intervalle englobe celui du verbe princ. et pas l'inverse: Maman pleurait de joie quand je lui lisais cette lettre triomphante. Je suis heureux (ID., ibid., 1891, p. 23).
d) [Le verbe de la sub. (au prés. ou à l'imp.) marque un fait habituel ou possède une valeur gnomique] Quand le chat est parti, les souris dansent. Quand on parle du loup, on en voit la queue. Quand le vin est tiré, il faut le boire (v. boire1). Quand un homme ressortait, elle se levait, le questionnait des yeux (ZOLA, Assommoir, 1877, p. 1551). Y a des livres qu'il faut lire à la ville, près du feu, quand la famille est couchée (GONCOURT, Journal, 1890, p. 1110). Le petit esclave ne sait pas que lui aussi, quand il dort, il gémit (MONTHERL., Encore inst. bonh., 1934, p. 693).
(Là) où..., c'est quand...
Rem. 1. Quand se coordonne en étant repris par que (v. ou I B 1 quand... ou que...) ou en se répétant. Ce fut un trait de lumière subit, quand l'union se fit entre ces domaines différents, quand l'alizé du nord-est, déjà pratiqué jusqu'aux Canaries, eut porté Colomb jusqu'à la mer des Caraïbes, et quand, d'autre part, eut été vaincu l'obstacle du cap des Tempêtes (VIDAL DE LA BL., Princ. géogr. hum., 1921, p. 268). Il peut être coordonné à une rel. à valeur temp. Le jour où elle m'avait annoncé le second mariage de ma mère et quand j'avais prononcé de moi-même le nom maudit de Termonde pourquoi m'avait-elle demandé...? (BOURGET, A. Cornélis, 1887, p. 143). 2. Quand que, pop. ou région. (Canada). J'irai chez vous, quand qu'on se comprendra mieux (DIONNE 1909). J'ai rien vu, puisque je suis seulement entrée à votre service quand que la défunte maîtresse était venue à être si malade (MARTIN DU G., Testam. P. Leleu, 1920, I, p. 1145).
2. [Quand ne dépend pas d'un verbe princ.]
a) [Se rapporte à une indication lex. de temps] Nana croyait retourner à ses débuts, quand sa première robe de soie lui avait causé un si gros plaisir (ZOLA, Nana, 1880, p. 1291). Nous revoici à l'époque d'Homère quand les déesses présidaient d'un nuage aux batailles des héros (BARRÈS, Serv. All., 1905, p. 34).
b) [Comme compl. d'une princ. ell.] Quelle émotion quand s'arrêta devant leur grille la voiture de M. de Faverges (FLAUB., Bouvard, t. 1, 1880, p. 110). Justement cette amitié rend plus étrange son attitude, quand j'ai prononcé votre nom (BOURGET, Lazarine, 1917, p. 26).
[En partic., dans une prop. compar.] Les voilà qui se penchent tout d'un coup, comme les cigognes quand passe un rat (GIRAUDOUX, Guerre Troie, 1935, I, 4, p. 39).
3. Fam. [Introd. une sorte de compl., dans la lang. parlée relâchée, après des verbes comme remarquer, aimer, détester] Je déteste quand il dit cela. V. aimer ex. 125 et 126.
[Précédé d'une prép.] Quelques bons mots, quelques répliques heureuses, que je vais mettre de côté pour quand j'irai te voir, ces jours-ci (VILLIERS DE L'I.-A., Corresp., 1884, p. 30).
B. — [Valeurs circ. ou log.]
1. [Quand causal] À partir du moment où, du moment que. Synon. dès lors que, puisque, là où (au fig.). Quand j'ai fait ça, je ferai bien le reste! (PÉLADAN, Vice supr., 1884, p. 207):
1. Mais à quoi bon poser à Rachel des questions, quand il savait d'avance que la réponse serait ou un simple silence ou un mensonge ou quelque chose de très pénible pour lui et qui ne décrirait rien?
PROUST, Guermantes 1, 1920, p. 163.
2. [Quand hyp. ou hypothético-adversatif] Et voyez-vous, c'est beaucoup, quand on peut mettre sur ses cartes: architecte du gouvernement (ZOLA, Pot-Bouille, 1882, p. 10):
2. Un homme est heureux, Clarisse, quand il dispose pour sa pensée, pour sa vie, d'un aliment toujours présent, d'un thème infatigable en sa fécondité.
AUDIBERTI, Quoat, 1946, 1er tabl., p. 29.
[Avec valeur restr. de renchérissement, suivi de ce n'est pas ou d'une nég.] Je ne quitte jamais la rue Cambon avant huit heures et demie, quand ce n'est pas neuf, et je n'ai qu'une envie, c'est de me coucher! (BOURDET, Sexe faible, 1931, I, p. 258). Je le reconduisais jusqu'au boulevard Raspail — quand ce n'était pas jusqu'à sa porte (MARTIN DU G., Souv. autobiogr., 1955, p. 71).
3. [Quand adversatif constr. avec le prés. ou l'imp., plus rarement avec le cond., en dehors des valeurs régulières d'itération ou d'imperfectivité large et lorsque la sub. suit la princ.] Synon. alors que, tandis que, quoique, même si. Vous m'avez cherché quand je ne vous demandais rien! (LOTI, Pêch. Isl., 1883, p. 130):
3. Tu es tout de même très gentil d'être venu me voir quand tu aurais pu aller t'amuser ailleurs.
ZOLA, Bête hum., 1890, p. 47.
Quand (bien) (même) + cond. V. même III C.
C. — [La valeur subordonnante est estompée]
1. [En sub. inverse, avec valeur d'accélération du récit (quand « de péripétie » ou quand « inverse »), lorsque la temp., postposée, contient le fait principal; la prop. princ. est souvent à l'imp. et la prop. sub. postposée est au passé simple ou au prés. hist.] Et j'étais vraiment très heureux quand soudain, lundi dernier, tout craque (MAUPASS., Contes et nouv., t. 1, Épingles, 1885, p. 1090).
2. [Avec valeur intensive ou affective]
a) [En phrase indép. exclam.]
[avec des verbes comme penser, songer, évoquer, pour marquer une valeur affective de surprise, d'étonnement, d'admiration, etc.] Quand je pense (à)...! Quand je pense (que)...! Quand je pense à tout ce que mes parents ont fait pour essayer de me guérir! (P. MARGUERITTE, Simple histoire, 1895, p. 114 ds SAND. t. 2 1965, § 179). V. penser II B 1 a ex. de Jarry.
[avec des verbes comme dire, raconter, pour justifier une assertion] Quand je vous (le) disais (que)...! Je vous le disais bien (que)...! Là! quand je vous disais qu'il ne lui manquait plus qu'une bonne petite femme (A. DAUDET, Fromont jeune, 1874, p. 53).
b) Fam. [Dans la lang. parlée, en phrase ell. indép., pour marquer l'impatience, la colère, l'ordre de cesser qqc.] Quand vous aurez fini de bavarder, fainéants! cria la rude voix de Maheu (ZOLA, Germinal, 1885, p. 53).
c) [Dans une phrase ell. de la lang. parlée que le loc. laisse à l'interlocuteur le soin de compléter] Je n'ai pas peur d'eux, moi. Quand on n'a rien à se reprocher (ROMAINS, Le Crime de Quinette, 1932, p. 77 ds SAND., loc. cit.).
[En interr. ell.] Mais, quand la pendule s'arrêtait? (PESQUIDOUX, Livre raison, 1932, p. 23).
3. [En tête de phrase, dans la lang. littér., journalistique, publicitaire, dans des titres de chapitres, d'articles, de romans, de films, pour annoncer le thème qui va être développé; senti comme adv. rel. (à rapprocher de , adv. rel.)] Quand la mer se retire (roman d'Armand Lanoux); Quand passent les cigognes (film soviétique).
IV. — [Dans des loc. adv. ou prép.]
A. — Loc. adv. N'importe quand (v. importer I C 3); quand même (v. même III C).
B. — Vx ou région. (notamment Anjou et Poitou)
1. Loc. prép. Quand (et), quand et quand (suivi gén. d'un nom de pers. ou d'un pron. pers.). Avec, en même temps que, en compagnie de. [La féodalité] fit du serf attaché à la glèbe un soldat sous la bannière de sa paroisse; on le vendoit encore quand et quand la terre (CHATEAUBR., Ét. ou Disc. hist., t. 3, 1831, p. 366). Et ton petit air martial Chantait aussi quand les trompettes (VERLAINE, Œuvres compl., t. 2, Amour, 1888, p. 93).
2. Loc. adv. Quand et quand. En même temps. Elle n'avait plus personne (...) pour badiner honnêtement quand et quand, en paroles de bonne foi et de bonne humeur (SAND, Fr. le Champi, 1848, p. 22).
REM. Quand est-ce, subst. masc., arg. (des typographes et de plusieurs corps de métiers). Tournée de bienvenue offerte par un nouveau à ses collègues. Les nouveaux venus payant leur « quand est-ce », les stations dans les assommoirs (...). Jack ne se mêlait à rien (A. DAUDET, Jack, t. 2, 1876, p. 220).
Prononc. et Orth.:[]. [] en liaison lorsque le mot est conj.: quand il est venu [-]; autrement pas de liaison: quand irez-vous [-] (FOUCHÉ Prononc. 1959, pp. 463 et 477). Homon. camp, khan. Att. ds Ac. 1694. Étymol. et Hist. A. Conj. exprimant une relation temp. de concordance, de simultanéité 1. a) 1050 « dans le même temps que » (Alexis, éd. Chr. Storey, 98); b) id. reprise de quant par une expr. temp. en tête de la princ. (ibid., 72); c) 1100 la prop. sub. est constr. en appos. à un compl. circ. de temps (Roland, éd. J. Bédier, 2845); d) ca 1150 élargissement périphrastique de quant par une prop. (Charroi de Nymes, éd. G. de Poerck, 220: quant ce fut chose que tu ëus mengié, ge...); e) 1170-83 reprise de la conj. par le supplétif que (WACE, Rou, éd. A. J. Holden, 965a); f) 1558 quand constr. avec une prép. a quand (DES PÉRIERS, Nouvelles récréations, éd. K. Kasprzyk, p. 13); 1628-30 de quand (D'AUBIGNÉ, Sa vie a ses enfants, éd. Réaume et Caussade, I, 12); 2. ca 1050 quant à valeur causale « comme, puisque » (Alexis, 150); 3. 1100 quant à valeur adversative « alors que » (Roland, 302 d'apr. IMBS Prop., p. 113); 4. id. empl. complétif de quant « de ce que » (ibid., 1196, ibid.); 5. 1176 quant à valeur conditionnelle « au cas où » (CHRÉTIEN DE TROYES, Cligès, éd. A. Micha, 997: quant de ma boche le savroit Je cuit que plus vil m'en avroit); 1573 quand mesme + cond. (JODELLE, Didon, éd. Marty-Laveaux, I, 60); 1580 quand bien + cond. (MONTAIGNE, Essais, I, 25, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, 138); 6. loc. a) ca 1240 quant et « avec » (Mort Aymeri de Narbonne, 275 ds T.-L.); b) 1491 quant et quant « en même temps » (COMMINES, Mém., I, 10, éd. J. Calmette, I, p. 69). B. 1100 adv. interr. (Roland, 528). Du lat. quando à la fois conj. et adv. interr. Fréq. abs. littér.:99 819. Fréq. rel. littér.: XIXe s.: a) 129 039, b) 144 346; XXe s.: a) 161 829, b) 139 737. Bbg. ANTOINE (G.). À propos de « quand... » Fr. mod. 1948, t. 16, pp. 269-273. — BORILLO (A.). Qq. rem. sur quand connecteur temp. Lang. fr. 1988, n ° 77, pp. 71-91. — CHETRIT (J.). Synt. de la phrase complexe à sub. temp. Paris, 1976, pp. 76-107. — EYOT (Y.). Quand... Fr. mod. 1948, t. 16, p. 108. — FUCHS (C.), LÉONARD (A.-M.). Vers une théorie des aspects. Paris — La Hague — New York, 1979, pp. 169-174. — GALET (Y.). Les Corrélations verbo-adverbiales au niveau de la phrase complexe en fr. classique. Fr. mod. 1975, t. 43, p. 339, 344. — IMBS Prop. 1956, pp. 33-116. — JAYEZ (J.). Quand bien même pourtant, pourtant quand même... Cah. Ling. fr. Genève. 1982, n ° 4, pp. 189-217. — MARTIN Temps 1971, pp. 309-321. — MÉTRAL (J.). À partir d'Agora. Cah. Ling. fr. Genève. 1982, n ° 4, pp. 221-224. — MOESCHLER (J.), SPENGLER (N. de). La Concession ou la réfutation interdite. Cah. Ling. fr. Genève. 1982, n ° 4, pp. 20-27; Quand même. Cah. Ling. fr. Genève. 1981, n ° 2, pp. 93-112. — MOREL (M.-A.). Ét. sur les moy. gramm. et lex. propres à exprimer une concession en fr. contemp. Thèse, Paris, 1980, pp. 296-298, 468-513, 570-571, 703-708, ... — OLSSON (L.). Ét. sur l'emploi des temps ds les prop. introd. par quand et lorsque... Uppsala, 1971, 148 p. — SUNDELL (L.-G.). Rem. sur quand suivi de l'imp. St. neophilol. 1984, t. 56, pp. 69-84.

quand [kɑ̃] Conj. et adv. (la liaison du d, prononcé [t] se fait surtout lorsqu'il est conjonction : « quand il est venu » se prononce [kɑ̃tilɛvəny]…, mais selon Fouché, « quand irez-vous à Paris ? » [kɑ̃iʀevu]; en fait la liaison semble reculer dans la langue relâchée).
ÉTYM. Xe, Saint-Léger, quant; du lat. quando.
———
I Conj. (Relation temporelle de concordance, de simultanéité).
1 Dans le même temps que… Lorsque (1.; rem. 1); alors (que), moment (au moment où…, que…). || Au bout de six mois, quand le printemps arriva, ils se trouvaient… (→ Flamme, cit. 19). || Quand la nuit fut venue,… (→ Oribus, cit.).« Quand l'Aurore (cit. 19), avec ses doigts de rose, entrouvrira les portes dorées de l'Orient… ». || Quand le moment viendra (→ Mourir, cit. 27). — ☑ Loc. prov. Quand les poules auront des dents.
1 Quand vous serez bien vieille, au soir à la chandelle (…)
Ronsard (→ Émerveiller, cit. 1).
2 Ainsi il arriva à Louis XIV mourant de dire : Quand j'étais roi. Parole admirable !
Stendhal, le Rouge et le Noir, I, XXIII.
Où il me paraît insupportable, c'est quand il se trouve spirituel. (cit. 41, et supra).
REM. 1. Quand marque un rapport temporel assez vague et souvent partiel (« fausse simultanéité » de G. et R. Le Bidois). Il arrive alors que le temps de la subordonnée soit antérieur à celui de la principale. Quand il a eu fini son travail, il est sorti.
3 (…) quand Dieu m'a eu donné une fille, je l'ai appelée Noémie.
Renan, Souvenirs d'enfance…, Œ. compl., t. II, VI, p. 781.
2. La proposition amenée par quand énonce souvent l'idée principale (→ Lorsque, rem. 2) : « J'étais en train de faire une manipulation (cit.) délicate…, quand j'entends s'ouvrir brusquement la porte ». Il arrive que la proposition temporelle se détache et devienne autonome (Sandfeld).
4 (…) elle attendait depuis trois quarts d'heure quand, tout à coup, elle aperçut Rodolphe (…)
Flaubert, Mme Bovary, II, XII.
5 Déjà elle se figurait son entrée chez ce procureur, ce qu'il disait, ce qu'elle répondrait. Quand tout à coup, de se voir seule, pataugeant dans cette boue déserte (…) elle fut anéantie d'un découragement immense.
Alphonse Daudet, l'Évangéliste, XI, p. 222.
6 J'errais donc, l'œil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m'es en riant apparue
Mallarmé, Premiers poèmes, « Apparition ».
3. Quand se construit avec pour (cit. 20), de, jusque, et, dans la langue négligée, avec à. (« Ça ressemble à quand nous voyageons… » Gyp, in Sandfeld).
7 Brigitte Pian n'avait pas sa figure que je connaissais bien, de quand elle se préparait à livrer bataille.
F. Mauriac, la Pharisienne, XII.
8 Elle m'a parlé de quand vous étiez petits tous les deux, qu'elle vous voyait au catéchisme.
M. Aymé, Gustalin, II, p. 27, in Damourette et Pichon, §3098.
4. Quand peut être repris par que… Quand enfin l'on est auteur, et que l'on croit marcher tout seul… (→ Maltraiter, cit. 5).
9 La nuit, quand j'ai froid dans mon lit et que se choquent avec un bruit sourd mes vieux os glacés (…)
France, l'Île des pingouins, I, II.
5. La subordonnée qui dépend de quand peut se rapporter à un verbe non exprimé, indiqué par un substantif (« Comment peindre ses excuses et son désespoir quand… il aperçut… » Stendhal, in Le Bidois), sous-entendu dans une comparaison (« Et, comme toujours quand un sentiment vif le poignait… » Daudet) et dans certaines constructions familières (exclamatives, elliptiques…). Quand je pense (1. Penser, cit. 65) qu'elle aura bientôt seize ans…, sous-entendu : je suis étonné, je ne le pensais pas. Quand je vous le disais !, sous-entendu : j'avais raison (cf. Je vous le disais bien). Quand on a vu ce que j'ai vu !
10 Quand je vous disais que rien ne pourrait l'empêcher d'achever sa partie.
Alphonse Daudet, les Contes du lundi, « Partie de billard ».
6. Quand, introduisant une complétive (sujet, attribut ou complément) :
11 Mais leur grand succès fut quand ils brisèrent les palissades (…)
M. Barrès, la Colline inspirée, X.
12 J'aime aussi beaucoup quand il parle d'histoire naturelle.
Gide, les Faux-monnayeurs, I, V.
— N. B. Ce tour est familier.
2 (Concomitance, corrélation répétée). Chaque fois que, toutes les fois que…(Avec le présent et du fait de sa valeur neutre. Présent, cit. 19). || « Quand on se fait entendre on parle (cit. 13) toujours bien ». || « On parle toujours mal quand on n'a rien à dire » (Voltaire). || « Amour (cit. 25), amour, quand tu nous tiens… ». || « Quand on court (cit. 17) après l'esprit, on attrape la sottise » (Montesquieu). || Quand le vin est tiré, il faut le boire (→ 1. Boire, cit. 43). (Avec un temps antérieur dans la subordonnée). || « Quand on a souffert (…) on plaint (cit. 12) ceux qui souffrent; mais tandis qu'on souffre on ne plaint que soi ».
13 Quand tout le monde a tort, tout le monde a raison.
Nivelle de La Chaussée, la Gouvernante, I, 3.
(Avec des temps passés dans les deux propositions). || Quand l'un disait oui, l'autre disait non (→ Mourre, cit. 1). || Parfois, quand la pensée était subtile, elle approuvait (cit. 16)… || Quand on s'est attendu que je brillerais dans une conversation, je ne l'ai jamais fait (→ Approuver, cit. 22).
3 Quand, marquant la cause : du moment que…, dès lors que…
14 Dans certains cas, surtout si elle est subordonnée à une principale négative, une proposition amenée par quand, lorsque, alors que, peut prendre aussi une valeur causale : « Mais quand l'homme change sans cesse, Au passé pourquoi rien changer ? » Musset. Au lecteur (Dédic.) : ici, quand énonce la raison qui explique, justifie le « pourquoi » de la question. Dans cet autre exemple, la nuance causale se combine avec une valeur d'opposition : « Et pourquoi jeûne-t-il quand tout le monde mange ? » Rost., Samar., 91.
G. et R. Le Bidois, Syntaxe du franç. moderne, §1469.
4 Quand peut exprimer une opposition entre les deux propositions simultanées, ou introduire une hypothèse.
a (Avec l'indic.). L'opposition résultant du contexte. || « Tu t'es subordonné, quand tu es fait pour ordonner » (cit. 11). || Boire de l'eau froide quand il gèle au-dehors ! (→ Lampée, cit. 2).Même quand… Même (III., 2., rem. 1; → aussi Désagréable, cit. 4). — ☑ Quand même…, quand bien même (et l'indic.). || « Les hommes ne sont que des hommes, quand bien même ils sont très grands » (Duhamel, Chronique des Pasquier). Même (III., 3.).
Quand, suivi de l'indic. et introduisant une hypothèse.
15 (…) le présent de l'indicatif (avec si) remplace insuffisamment un futur. Il reste du moins la possibilité de l'employer avec quand : (…) Et quand je le croirai, dois-je m'en réjouir ? (Rac., Bérén., 778); quand tu te fâcheras, ça n'avance à rien, reprit judicieusement Rasseneur (Zola, Germ., 268).
F. Brunot, la Pensée et la Langue, p. 889.
b (Avec le cond.). Même si, alors même que, encore que… || « Quand l'univers l'écraserait (cit. 1) l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue… » (Pascal).
16 Quand vous me haïriez, je ne m'en plaindrais pas (…)
Racine, Phèdre, II, 5.
17 Quand elle l'eût voulu, elle n'eût pas pu ne jamais blesser aucun des sots qui pullulaient à cette cour.
Stendhal, la Chartreuse de Parme, I, VI.
Elle continuerait (la « plainte éternelle ») quand toutes les douleurs créées viendraient à se taire (→ Lamentation, cit. 2). || Ces moments me seront toujours présents (1. Présent, cit. 7) quand je vivrais cent mille ans… (→ aussi Aristocrate, cit. 1; intérêt, cit. 8).
Quand même… (et le cond.). Même (III., 3.). || Quand, quand (bien) même vous seriez…Loc. adv. (Déb. XIXe). Absolt. Cependant, pourtant. Fam. Tout de même. || Quand même (cit. 22, 23, et infra).
17.1 Quand même, dit Annie Desbaresdes en arrivant boulevard de la Mer, tu pourrais t'en souvenir, une fois pour toutes.
M. Duras, Moderato cantabile, p. 27.
REM. Quand bien, dans ce sens, est exceptionnel : || « Quand bien je trouverais mal faites les lois fiscales, je ne puis en vouloir à cet homme de les appliquer » (J. Schlumberger, in le Figaro, 2 déc. 1948).
Quand… il aurait une fois consenti…, il importerait peu ensuite… (→ Leurre, cit. 3). Fois (I., 4.).
5 Quand et… Loc. prép. Vx. Avec, en même temps que…REM. Cette locution existe encore au Canada, et dans certaines régions de France, sous la forme quand… ou quand et… (Il est venu quand moi, quand et moi). On écrit parfois quant et…, par confusion avec quant.
18 Mon père me menait quant et lui à la chasse.
Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, t. I, p. 117.
Quand et quand. Loc. adv. et prép. Vx. En même temps (cf. Guez de Balzac, Voiture et Chateaubriand, in Grevisse). || « Et quant et quant » (→ Homme, cit. 49, Montaigne).
19 Elle n'avait plus personne pour lire avec elle, pour s'intéresser à la misère du monde avec elle, pour prier d'un même cœur et même pour badiner honnêtement quand et quand, en paroles de bonne foi et de bonne humeur.
G. Sand, François le Champi, XI.
———
II Adv. interrogatif. Se prononce toujours [kɑ̃] sauf dans quand est-ce que [kɑ̃tɛskə].
(Dans l'interrogation directe). À quel moment… ? Dans quel temps ? || Quand est-il arrivé ? || Quand la marierons-nous ? (→ Gendre, cit. 1). || « Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village, Fumer (cit. 4) la cheminée… ? »Quand donc ferait-on la paix (cit. 7), si on ne la faisait pas avant de partir ? || Où et quand est-il né ?
20 Hélas ! quand reviendront de semblables moments ?
La Fontaine, Fables, IX, 2.
21 Quand aurez-vous fini de conter votre histoire ?
Hugo, Hernani, I, 2.
Depuis quand… ? (→ 1. Livre, cit. 33; payer, cit. 24).De quand est cette lettre ? || « Mais de quand cela datait-il ? » (Proust, À la recherche du temps perdu, Albertine disparue).Jusqu'à quand, jusques à quand. Jusque (cit. 36 à 37.1, et supra).Pour quand est la réunion ? (Littré).À quand la partie est-elle remise ? (Littré).
22 Depuis quand croyez-vous que ma grandeur me touche ?
Racine, Bérénice, II, 4.
(Dans l'interrogation indirecte). || Dites-moi quand vous viendrez. || « Il était difficile qu'il ne connût pas quand on l'aimait » (→ Pénétrant, cit. 8). || N'importe quand.
23 Il lui avait déjà vu une fois une telle tristesse, mais ne savait plus quand.
Proust, À la recherche du temps perdu, t. II, p. 88.
REM. 1. (Place de quand). Dans la langue très familière, quand se place parfois à la fin de la phrase interrogative.|| « Vous êtes libre à déjeuner quand ? » (J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. I., III, p. 50); || « Ils sont là depuis quand ? » (J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. XV, VII, p. 84). On se revoit où et quand ?
2. Renforcement de quand ? par est-ce que (|| « Quand est-ce que je vous avais vu la dernière fois… ? » Proust, À la recherche du temps perdu, Sodome et Gomorrhe, t. II, p. 203), et, fam., par c'est que (|| « Quand c'est qu'elle est morte ? » Prévost, Mort des ormeaux, p. 262), et, pop., par que (|| « Mais quand qu'il reviendra ? » Carco, les Innocents, p. 24).
3. Dans les dialogues, on emploie parfois quand ? sans verbe. Depuis quand cette montre ? (→ Horloger, cit. 1).
24 (…) il est mort. — Ah ! et quand donc ? — Après l'histoire des rats.
Camus, la Peste, p. 36.
HOM. Camp, khan, 1. quant, 2. quant.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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